La méthode Glaser est une méthode de vérification qui compare, couche par couche dans l'épaisseur d'une paroi, la pression de vapeur d'eau réelle à la pression de vapeur saturante. Son objectif est de repérer si, à un endroit de la paroi, la vapeur d'eau contenue dans l'air risque de se condenser au contact de matériaux plus froids — un phénomène qui, s'il n'est pas maîtrisé, peut dégrader l'isolant et la structure du bâti dans la durée.
Cette vérification est particulière importante lorsque la composition d'une paroi associe plusieurs matériaux aux propriétés hygrothermiques différentes, notamment lorsque des matériaux biosourcés ou perspirants sont mis en œuvre avec d'autres couches plus étanches à la vapeur d'eau.
Pour effectuer cette comparaison, l'outil calcule deux grandeurs en plusieurs points de l'épaisseur de la paroi. La pression de vapeur réelle est interpolée à partir du Sd cumulé de la paroi, le Sd de chaque couche étant obtenu en multipliant le facteur de résistance à la diffusion de vapeur d'eau du matériau (μ) par son épaisseur : plus une couche est épaisse ou plus son μ est élevé, plus elle freine la migration de la vapeur d'eau à travers la paroi.
La pression de vapeur saturante, elle, dépend de la température : elle est déduite de la température interpolée à chaque point de la paroi selon la résistance thermique cumulée depuis la face intérieure, à l'aide de la formule psat(T) = 610,5 × exp(17,269 × T / (237,3 + T)), où T est la température en un point donné de la paroi. Un risque de condensation est détecté dès lors que la pression de vapeur réelle dépasse la pression de vapeur saturante en un point de la paroi : cela signifie que l'air, à cet endroit, contient plus de vapeur d'eau qu'il ne peut en retenir sous forme gazeuse compte tenu de la température locale, et que cette vapeur excédentaire se condense.
Les paramètres saisis pour effectuer ce calcul sont la température et l'humidité relative intérieures, ainsi que la température et l'humidité relative extérieures. Le calcul s'appuie sur la composition de paroi définie dans l'onglet R thermique du même outil : c'est cette même liste de couches, avec leurs épaisseurs et leurs propriétés, qui sert de base à la fois au calcul de résistance thermique et à la vérification Glaser.
Lorsqu'un risque de condensation est identifié dans l'épaisseur d'une paroi, la première piste consiste généralement à revoir l'ordre et la nature des couches : rapprocher un frein-vapeur ou un pare-vapeur de la face intérieure (côté chaud) permet souvent de limiter la quantité de vapeur d'eau qui pénètre dans l'épaisseur de la paroi avant d'atteindre les zones froides où elle risquerait de se condenser. À l'inverse, une paroi conçue pour rester perspirante doit veiller à ce que la résistance à la diffusion de vapeur diminue progressivement de l'intérieur vers l'extérieur, afin que l'humidité qui entre puisse ressortir plus facilement qu'elle n'est entrée.
Dans tous les cas, ce repérage doit être suivi d'une analyse plus fine de la composition envisagée, car de nombreux paramètres entrent en jeu — climat local, orientation, usage du bâtiment, ventilation — qui ne se réduisent pas tous à ce seul calcul simplifié.
Pour aller plus loin, voir un exemple de composition de paroi et de gestion de l'humidité dans le guide de la RE2020.
Cette page présente les principes de la méthode Glaser ; elle ne réalise pas elle-même le calcul. Celui-ci se fait sur l'outil interactif complet à 13 onglets, et utilise la composition de paroi déjà saisie dans l'onglet R thermique de ce même outil.
Cet outil est un outil de pré-dimensionnement pédagogique simplifié. Il ne remplace ni une étude thermique réglementaire, ni un moteur de calcul RE2020 agréé, et ne peut pas être utilisé pour produire une attestation réglementaire.
Contenu technique rédigé ou vérifié par le Dr T BOUACHE, dirigeant-fondateur et référent technique de LECOBAT, docteur-ingénieur en énergétique et génie des procédés.